Le temps des Fêtes, le temps de l’impatience

Un court billet sur ce que l’on appelle volontiers le temps des Fêtes, ce qui devrait être joyeux et heureux par définition (on parle tout de même de fêter), mais qui ressemble aujourd’hui beaucoup plus au temps de l’impatience et du manque de courtoisie.

À la dernière minute, comme d’habitude, je suis allé quérir quelques-uns des présents que je veux offrir à mes proches à Noël, en fin d’après-midi. Relaxe et d’humeur bon enfant (j’aime généralement l’atmosphère des dernières heures avant Noël et j’adore plaisanter avec le personnel des magasins), je n’ai pu que constater encore que la politesse, l’empathie et la patience ne sont plus de mise dans la jungle commerciale que l’on a fait pousser.

Impatience devant le personnel débordé en boutique mais qui parvient à garder son sourire, chicanes de couple devant le choix d’un cadeau à faire, coups de klaxon rageurs envers les piétons, précipitation pour arriver à payer les emplettes avant une autre personne, commentaires désobligeants sur la « lenteur » de la personne responsable des emballages-cadeaux, bousculades devant un comptoir, intolérance et engueulades entre conducteurs convoitant le même espace de stationnement… C’est franchement désolant! C’est en grande partie à cause de tout cela que je ne suis plus « accroché » aux Fêtes comme je l’ai déjà été à une époque. Je cherche où réside maintenant l’esprit de Noël.

On arrive aux Fêtes épuisé par le boulot, les échéances, les obligations, la popote, la course aux cadeaux et la pression de vouloir faire toujours plus et mieux, j’en conviens. Mais est-ce une raison pour perdre soudainement toute civilité? Est-ce qu’on peut encore se parler calmement, sourire, saluer, faire preuve de galanterie et de courtoisie? En plus, on contribue à l’épuisement des autres par des attitudes déplacées et des manifestations de frustration, avouons-le, déraisonnables. On transfère le stress des derniers instants avant les « célébrations », entre autres, sur les épaules des employés des boutiques, sans considération pour leur travail et leur dévouement à répondre aux clients. On traite ses concitoyens sans égards ni ménagement, comme si le monde ne tournait tout à coup qu’autour de notre petit nombril.

Le temps des Fêtes devrait, dit-on, être synonyme de plaisir, de joie, de bonheur, de tolérance, de détente, de retrouvailles, de patience, d’écoute, de compréhension. C’est du moins ce que tout le monde se souhaite si on lit les cartes de voeux que l’on reçoit et que l’on envoie. Je crois que le personnel des boutiques, lui, ne sera heureux que quand la folie de la fête sera terminée.

Ou bien nous sommes inconscients, ou bien nous sommes hypocrites, ou peut-être que l’approche des Fêtes nous dépouille de notre humanité, que sais-je. Mais j’ai bien l’impression que l’esprit de Noël, lui, lucide, est allé se cacher depuis longtemps. Il avait sans doute honte de certains de nos comportements dits civilisés.

2 Réponses pour Le temps des Fêtes, le temps de l’impatience

  1. Il y a une nouvelle mode qui consiste à ne plus se faire de cadeaux , je suppose que les enfants sont exclu , mes le temps des fêtes c’est fait pour profiter pour passer de bon moment avec les gens qu’on aime .

    • sylvaindionne

      Je suis tout à fait d’accord; ce devrait être la priorité. Il faudrait que l’on s’en souvienne davantage. De Joyeuses Fêtes, en compagnie des gens que vous aimez et qui vous aiment!