L'âge mûr ou l'âge tendre

Il arrive un moment dans la vie où l’on se demande bêtement où l’on se situe socialement, personnellement ou professionnellement, où se trouve notre vraie place, où nous pouvons encore affirmer une certaine verdeur de coeur, d’esprit ou d’âme, où notre créativité, notre engagement et notre enthousiasme peuvent encore être utiles et appréciés. Succès et réussites n’ont rien à y voir.

Paradoxalement, ces questions surviennent alors que nous croyons avoir atteint l’apogée de nos connaissances, de notre expérience et de notre expertise. Comme si, tout à coup, la remise en question qui se dissimulait sournoisement en nos tréfonds, surgissait comme un diable de sa boîte ou comme un monstre d’Halloween. Et voilà qu’on se demande si l’on est toujours du nombre des gagnants, des innovants, des battants…

Des questions qui nous envahissent particulièrement à l’âge dit mûr, que je me plais plutôt à décrire comme l’âge tendre. Car, comme tout ce qui a bien vieilli, nous nous sommes attendris, nous avons vécu notre lot d’épreuves et de contraintes, nous sommes passés de la résistance farouche et de la révolte pacifique à la connaissance et à la reconnaissance de soi, à l’acceptation de notre vérité. Un âge plus tendre que mûr parce que l’on sait voir, lire, observer le monde avec un certain détachement, et que ce monde, tout dur qu’il puisse paraître, est en fait bien plus malléable qu’on le croit. Un âge tendre parce que nous savons ne plus combattre inutilement, mais seulement lorsque cela est juste. Un âge tendre parce qu’il laisse plus de place à la tolérance qu’à la stérile opposition. Un âge tendre parce qu’il recèle de nouveaux apprentissages à chaque croisée de chemin.

Bien que mûr, j’aime mon âge tendre, parce que même exigeant chaque jour et alors que le corps livre ses messages sans merci, il laisse place à la douceur de vivre, à la liberté de penser, à la tendresse de la réflexion, à la sagesse de l’observation et à l’ambition d’affronter de nouveaux défis. Et il y a, toujours, tellement de choses à apprendre et à comprendre.

Bien que mûr, cet âge tendre est marqué du sceau des gagnants, des innovants et des battants… Du sceau de ceux qui ne craindront jamais de partager ce qu’ils ont vécu pour soutenir ce que d’autres auront à vivre… Du sceau de ceux qui n’auront jamais peur d’affirmer qu’ils ne savent pas tout et qu’il leur reste tant d’apprentissages à faire…

Je suis heureux d’être un battant, mûr et tendre… Notamment, parce que j’ai encore tout à apprendre…

2 Réponses pour L'âge mûr ou l'âge tendre

  1. Sylvie Ratté

    Est-ce tout simplement notre subconscient qui fait des siennes ou la vie elle-même qui veut nous offrir d’autres avenues…? Une remise en question ou un simple questionnement? Une crise d’adolescence qui se présente à l’âge mur, au mitan de la vie, mais prenons ça avec un grain de sel, et laissons la vie nous amener ou elle veut!

    • Tu soulèves, Sylvie, d’excellents points qui peuvent pousser la réflexion à un autre niveau. Je crois que la simple intuition peut nous guider à travers les avenues que la vie nous propose; il faut aussi se faire confiance dans la réflexion. Est-ce remise en question ou simple questionnement? Cela dépend de la manière de voir et de la zone de confort ou d’inconfort de chaque personne. N’oublions pas que les avenues qui se présentent à nous résultent de nos choix et de nos décisions antérieurs et actuels. Le mitan de la vie peut survenir à tout âge, tout comme l’adolescence peut se prolonger parfois toute une vie. Ne dit-on pas qu’il y a de jeunes vieux et de vieux jeunes?