Jeter un pavé dans la mare

Mon dernier billet a suscité bon nombre de réactions et j’en suis fort heureux. Il a dérangé, titillé, provoqué, bref j’ai osé jeter un pavé dans la mare des prétendus experts du Web 2.0 qui naissent jour après jour.

Et ça semble avoir fait mal à quelques personnes tout autant que cela a pu illustrer la préoccupation de véritables professionnels… Désolé pour ceux et celles qui ont pu se sentir atteints, mais les commentaires me démontrent que j’ai touché un point sensible. Je n’y suis pas insensible, mais je persiste et signe. La réaction de chacune et chacun ne m’appartient pas; elle leur revient… J’assume mes propos; que les autres assument leur désaccord ou leur réaction…

J’ai parlé des  » spécialistes  » du Web 2.0, comme j’aurais pu écrire sur les  » spécialistes  » en général, qui ne sont parfois que des  » experts  » de la spécialisation plutôt que de leur domaine d’intervention.

Ce soir, à la suite d’une conversation avec ma collègue Cindy Rivard, j’avais prévu un billet d’un tout autre genre, mais ce sera pour une prochaine fois. J’y aborderai le thème des pique-assiettes qui tentent de se faire inviter gratuitement à des événements pour lesquels les participants actifs doivent, eux, défrayer le coût de leur participation.

Ceci dit, il est peut-être temps de s’interroger sur le statut de spécialiste, quel que soit le domaine de la communication où l’on évolue. Cela me désole au plus haut point de constater que des professionnels chevronnés, qui ont su démontrer leur expertise, leurs talents et leur créativité au fil des ans, soient confrontés à des personnes qui sortent de nulle part en se drapant de la toge et du titre de  » spécialiste « .

Un ou une spécialiste, c’est une personne qui a développé une expertise particulière dans son champ d’activités et qui l’entretient en se documentant, en recherchant, en continuant d’apprendre et en expérimentant constamment. Un véritable spécialiste cherchera toujours à confronter ses connaissances et ses aptitudes. Il ne s’arrêtera jamais en chemin en affirmant qu’il en sait suffisamment.

Ce n’est pas parce que l’on a fait une chose une fois que l’on devient un  » expert « . C’est à force de persévérance, de conviction, d’essais successifs, de travail, de recherches, de perfectionnement, de mise à niveau, d’échecs, d’erreurs et de résultats positifs que l’on peut prétendre devenir une certaine référence dans son domaine. Et tout cela ne mène qu’à une amorce de crédibilité, parce que pour se donner le statut d’expert, il est essentiel de poursuivre dans la voie de l’exploration, de l’expérimentation et de la découverte. Ce qui ne peut être possible que dans un contexte d’ouverture, d’humilité et de respect à l’égard de la constance des mouvements et des changements qui entourent la profession, une profession en profonde mutation.

Un client m’a déjà dit qu’il n’avait pas besoin de conseiller en relations médias parce que sa collaboratrice était capable d’écrire un communiqué de presse. J’ai présenté mon point de vue et j’ai respecté sa décision. Deux mois plus tard, il m’a demandé de gérer ses relations de presse; j’ai accepté tout en lui proposant de former sa collaboratrice qui avait un talent certain. C’est la même chose dans tous les domaines; ce n’est pas parce que quelqu’un prétend pouvoir exécuter une tâche que cela en fait un  » spécialiste « . Il faut aller plus loin que cela et faire preuve de vision.

Et cela est particulièrement vrai dans le cas de l’exploitation des ressources du Web 2.0 qui évoluent chaque jour. Ce n’est pas parce que l’on a une page Facebook personnelle que l’on peut se prétendre  » expert  » du Web 2.0. Un peu de sérieux, s’il-vous-plaît!

2 Réponses pour Jeter un pavé dans la mare

  1. Sylvie Ratté

    Bel article Sylvain, je suis d’accord avec ton point de vue!