Une p’tite gêne, svp…

Lors de la soirée BSL 2.0 du 30 novembre dernier, j’ai rencontré un participant qui, bien que conscient de l’importance du rôle que peuvent jouer les réseaux et les médias sociaux pour son organisation, manifestait son inconfort face à tout ce qui y est publié, au point qu’il se demandait s’il ne laisserait pas tout tomber…

Je le comprends, nous faisons tous, à la base, la même erreur de croire que nous pouvons nous y exprimer avec une totale liberté, à la fois sur le plan personnel comme professionnel. Or, si la liberté d’expression est un droit acquis dans les sociétés démocratiques, cela ne signifie pas que nous pouvons écrire n’importe quoi, étaler toutes nos émotions au grand jour sans réfléchir aux conséquences et inonder le fil de nouvelles au détriment des autres… Ce peut être parfois pertinent pour entretenir le contact, parfois non…

Il est agréable d’apprendre à mieux connaître nos contacts à travers leurs états d’âme et leurs réalisations puisqu’on découvre ainsi leur humanité à distance; mais lorsqu’on ne fait que parler de soi, ne passons-nous pas à côté de belles occasions d’échange et de partage en retour?

Le participant auquel je faisais référence en introduction me demandait comment libérer son fil de nouvelles des « niaiseries » qui y apparaissent… La responsabilité de gérer le fil de nouvelles appartient à tous. Aux personnes qui s’y expriment comme à celles qui le parcourent.

Je sais que, personnellement, il m’arrive de m’emporter et d’utiliser le fil de nouvelles comme un exutoire, que ce soit en matière de musique, d’opinion, de partage d’articles qui me semblent pertinents pour les membres de ma communauté virtuelle. Quand je constate l’encombrement que j’y cause parfois, je me demande sincèrement ce qui m’a poussé à m’épancher ainsi. Je me place dans la peau des personnes qui me suivent et qui n’ont peut-être pas le goût de savoir ce que je pense au moment où je le pense, d’entendre ce que j’ai envie d’entendre… Et je me dis que je dois être plus sage, plus mesuré, plus respectueux de l’espace virtuel que je ne suis pas seul à occuper… Je finis alors par modérer mes transports et limiter mes interventions pour éviter d’indisposer mes contacts. Voilà où se situe ma responsabilité.

Par contre, les contacts qui nous suivent doivent aussi assumer leur part de responsabilité en modelant leur gestion de page et de compte en fonction de leurs besoins. Ça me surprend toujours de constater que les gens ne savent pas qu’ils peuvent masquer les applications déplaisantes ou encombrantes au lieu de masquer ou de bloquer leurs contacts. Ça me surprend aussi d’apprendre que les utilisateurs de Facebook, notamment, ne savent pas qu’ils peuvent filtrer les notifications qu’ils reçoivent et qui envahissent leur boîte de courriel.

Lorsqu’on ne veut pas écouter une émission à la radio, on éteint notre poste de radio. Si on ne souhaite pas regarder une émission de télé, on ne bloque pas la chaîne, on change tout simplement. Si les nouvelles publiées dans un média imprimé ne nous plaisent pas, on tourne la page.

La décision de publier des contenus sur les réseaux et les médias sociaux est une responsabilité importante qui incombe à tous ceux qui diffusent. La décision de suivre ou non ces contenus devient la responsabilité des « auditeurs » ou des « lecteurs ». Il y aura toujours des contenus non appropriés sur les réseaux et les médias sociaux, comme il en existe dans les médias traditionnels.

À chacun d’assumer sa propre responsabilité en fonction de ses objectifs, de ses besoins et de ses attentes. Pour ma part, je masque ou je bloque systématiquement toutes les applications suggérées ou qui apparaissent dans le fil de nouvelles de mes contacts si elles ne me rejoignent pas. C’est ainsi que j’ai fini par me débarrasser des mentions et des notifications concernant « Farmville », entre autres. J’ai aussi choisi de revoir toute la gestion des notifications reçues à mon adresse courriel pour ne recevoir que l’essentiel. Ainsi, mon expérience des réseaux et des médias sociaux est beaucoup plus agréable et conviviale. Plus besoin de masquer ou de bloquer des contacts; je choisis ce qui me convient en fonction de mes objectifs et de mes besoins.

Vous voulez que les réseaux et les médias demeurent une expérience plaisante? À vous de configurer votre présence et votre réception de messages selon vos attentes. Bref, n’attendez pas que d’autres le fassent pour vous; prenez le temps d’explorer lorsque vous ouvrez un compte Facebook, Twitter ou autre. Et définissez les paramètres qui vous conviennent; il s’agit de votre responsabilité. Il n’y a rien d’automatique qui vous ressemble sur les réseaux et les médias sociaux, tout comme dans la vraie vie d’ailleurs; à vous d’établir vos limites, de fixer vos paramètres et de définir l’empreinte personnelle ou professionnelle que vous désirez laisser.

Ici comme ailleurs, il faut toujours se garder une p’tite gêne!