L’humilité en communication…

Le monde de la communication n’est pas aussi simple qu’on le pense. Bien que plusieurs clients croient encore que les communications et la mise en marché d’une entreprise puissent être confiées à n’importe qui, même à des amis remplis de bonne volonté, mais ne disposant d’aucune expertise sérieuse ou approfonfie dans le domaine.

Il ne suffit pas d’avoir des idées pour s’affirmer en communication; tout le monde peut exprimer des idées par ailleurs fort louables et parfois pertinentes. Mais le domaine de la communication demeure un secteur complexe où les bonnes décisions ne doivent pas être prises sous le coup de l’impulsion parce que telle ou telle personne affirme que c’est ce que l’on devrait faire.

La réussite réside plutôt dans la définition d’objectifs précis, dans l’énoncé d’orientations stratégiques à court, moyen et long terme, dans la planification structurée d’interventions traditionnelles et virtuelles judicieusement réparties dans le temps pour influencer efficacement les clientèles cibles que l’on aura pris soin d’identifier au préalable.

Bref, c’est un domaine de spécialisation. Comme dans tout domaine de spécialisation, on ne peut confier la gestion des actions à qui bon lui semble. Il y a, concernant la communication, trop de gens qui s’improvisent connaissants parce qu’ils ont tout à coup une idée ou que la communication est souvent identifiée comme un domaine secondaire ou de deuxième ordre… Cela, toutefois, jusqu’au moment où l’on constate les résultats d’actions parfois anarchiques et et souvent improvisées.

Un des grands problèmes du monde de la communication, depuis nombre d’années (pour ma part, j’y suis confronté depuis le début de ma carrière), c’est qu’il ne semble exister aucune véritable reconnaissance de la profession. Pourtant, la Société québécoise des professionnels en relations publiques et la Société canadienne des relations publiques et bien d’autres regroupements professionnels font bien des efforts pour que la profession soit reconnue et que son code de déontologie soit appliqué de manière rigoureuse.

Mais lorsque des clients accordent plus de crédit à un ami qu’à un professionnel reconnu pour prendre leurs décisions et orienter leurs choix décisionnels stratégiques, on finit par se poser des questions.

Professionnellement, je suis en relation avec des designers graphiques, des traducteurs, des photographes, des concepteurs, des intégrateurs et des stratèges Web, entres autres, des gens qui possèdent tous une solide expertise dans leur domaine. Je ne m’y aventure pas, parce que mes compétences ne sont pas à ce niveau. Pourtant, certains d’entre eux n’hésitent pas à outrepasser leur champ de connaissances pour prétendre donner des conseils en communication et en commercialisation.

Je comprends les clients de faire confiance aux gens qui les entourent et qu’ils connaissent personnellement. Mais à force d’écouter tout le monde à l’exception de la personne qui peut les guider efficacement en coordonnant l’ensemble des autres ressources requises pour l’exécution cohérente d’un mandat, ils finissent souvent par aboutir dans un cul-de-sac.

Le principal argument servi quand vient le temps d’évaluer l’expertise en communication, c’est que ça coûte cher. Bien sûr, toute expertise se paie. Mais est-ce que ça ne revient pas plus cher de faire confiance à tout le monde, lorsqu’on considère les résultats obtenus? On est prêt à payer le gros prix pour s’assurer les services d’un notaire, d’un avocat, d’un fiscaliste ou d’un comptable, mais on hésite encore à payer à juste prix l’expertise en communication.

C’est dommage et un peu décevant pour la profession. Aucun spécialiste de la communication en région n’oserait exiger des honoraires à la hauteur de ceux d’un avocat, d’un notaire, d’un fiscaliste ou d’un comptable parce qu’il perdrait sa clientèle. Pourtant, son expertise n’est pas moindre, au contraire, puisqu’elle est plus globale.

J’ai déjà vécu, comme d’autres professionnels sans doute, des situations où des clients affirmaient que si leur adjointe administrative était capable d’écrire une lettre, elle pouvait rédiger un communiqué de presse… J’en ensuite vu ces mêmes clients revenir au bercail en se demandant pourquoi ils n’avaient pas eu d’impacts ou de retombées.

Le dicton affirme : « À chacun son métier et les vaches seront bien gardées ». Et c’est bien vrai; vous voulez obtenir des résultats, alors faites confiance aux professionnels qui peuvent vraiment vous soutenir plutôt qu’à toutes les personnes qui ont un avis et qui tentent de vous convaincre qu’elles ont raison. Un pro, c’est un pro… dans son domaine, point final. Nul ne peut prétendre tout connaître et tout savoir. On peut avoir une opinion enrichissante, mais de là à prétendre disposer d’une expertise universelle, il y a une marge. Je n’oserais jamais me substituer à un designer graphique, à un photographe, à un concepteur Web ou autres. Je connais mes limites; moi, je suis un homme de stratégies et de contenus.

La profession de communicateur en est une d’écoute, de mesure, d’humilité et de collaboration. Elle implique une solide connaissance du client et de son public cible. Elle nécessite recherche et réflexion. L’improvisation n’y a pas sa place, pas plus que les conseils impromptus bien qu’ils puissent être marqués de bonne volonté.

Professionnellement, je me suis entouré de spécialistes dans leur domaine, susceptibles de donner une valeur ajoutée aux stratégies développées et mise en place pour mes clients. Des personnes qui ne s’improvisent pas communicateurs, mais qui savent prendre leur place et qui connaissent leur rôle dans le contexte d’un véritable travail d’équipe. Des professionnels qui, autour d’une table, n’hésiteront pas à donner leur opinion et à livrer leurs conseils pour bonifier le produit final sans empiéter sur le domaine d’expertise des autres. Voilà ce que j’appelle un travail d’équipe.

Mais lorsque d’autres ressources passent par la porte de derrière pour mettre en valeur leurs idées et les appliquer sans considération de la stratégie déjà élaborée, on ne peut plus parler de travail d’équipe. On doit alors considérer qu’il s’agit de la mise en valeur d’intérêts personnels, souvent au détriment du client concerné.

Le client n’est pas en cause ici; il écoute simplement trop de monde en croyant que ça pourra vraiment l’aider et prend alors une décision parfois trop rapide. Il oublie juste d’en référer à son conseiller qui, lui, possède une vision d’ensemble et non émotive de son dossier ou de son projet; un conseiller qui finit par passer au second plan et qui pourra être blâmé pour des résultats non concluants alors qu’il n’a rien à y voir.

Il y a longtemps que je sais que la communication n’est pas un domaine auquel on concède sa véritable valeur puisque tout le monde a son idée sur l’exercice de la communication. Mais ce n’en pas moins désolant voire frustrant, par moment, surtout lorsqu’on a vraiment à coeur la réussite des ses clients. Voilà pourquoi la communication est une profession fondée sur l’humilité…

3 Réponses pour L’humilité en communication…

  1. Pierre Longpre

    Bel article. Songé.

    Si vous avez besoin d’un expert de la marque, je suis votre homme.

    Pierre

  2. Ping : Tweets that mention L'humilité en communication... | Communications Sylvain Dionne -- Topsy.com