La renaissance des blogues

Une collaboratrice, Marylou Bossé (@MarylouBosse), me suggérait récemment d’aborder le thème des blogues comme mode de communication en nouvelle expansion. Elle m’adressait sa proposition ainsi : J’ai une suggestion de sujet pour un éventuel texte pour toi : le retour des blogues. Depuis que les médias sociaux sont devenus populaires, les blogues ont comme refait surface, tu ne trouves pas? Quand j’avais des cours là-dessus à l’université on disait et on constatait que les blogues n’avaient plus la cote mais, depuis un an, peut être deux, il me semble que ça revient à la mode, on en voit beaucoup plus!

Si l’expression par l’intermédiaire des blogues n’est pas vraiment récente en soi, il est vrai que ceux-ci ont connu un regain de popularité en raison de l’amélioration de l’interconnectivité Internet et, paradoxalement, de l’accroissement du recours aux réseaux et aux médias sociaux.

En effet, particulièrement prisés par les nouvelles générations au début des années 2000 sous la forme de journaux dits « personnels », les blogues ont subi un certain déclin avec l’avènement de Facebook et Twitter, notamment. Les jeunes s’en détachaient alors au profit de l’instantanéité et de l’interaction en temps réel que permettaient les réseaux sociaux. Certains y avaient alors vu l’annonce de la disparition des blogues traditionnels comme modes d’expression.

Cela, jusqu’à ce que les générations précédentes, puis les professionnels de la communication en découvrent les vertus en termes de transmission d’information, d’influence d’opinion et d’enrichissement de la connaissance globale, entre autres. Et qu’ils constatent que la popularité croissante des réseaux et des médias sociaux pouvait constituer un formidable agent multiplicateur.

Il est vrai que les blogues semblent éclore davantage depuis quelques années; mais n’est-ce pas plutôt parce qu’il est plus facile de les diffuser, de les faire connaître, d’en faire la promotion à travers d’autres réseaux complémentaires? Voilà où le principe de la « toile » prend tout son sens : dans une interconnectivité à la fois améliorée et simplifiée, mettant en interrelation des canaux multiples se recoupant et rejoignant un ensemble de publics de divers horizons à l’échelle mondiale. Les blogues ont toujours eu « la cote », mais il leur manquait les réseaux pour s’épanouir et vraiment se révéler.

Je ne crois donc pas que les blogues soient en phase de renaissance ou de retour. En raison des nouvelles options de diffusion, ils sont plutôt en phase de réappropriation de la part des différentes strates de la population qui y trouvent un moyen facile, libre et rapide de s’exprimer, de joindre leur voix à celle des professionnels et des médias dits officiels, et d’enrichir de leur opinion ou de leurs réflexions le contexte mondial de l’information. Il a été un temps où le « courrier des lecteurs » et les « lignes ouvertes » étaient les seuls moyens d’expression du « peuple ». Les blogues ouvrent aujourd’hui davantage de possibilités, même s’il doivent être considérés avec une certaine réserve puisqu’ils réfèrent souvent à l’expression brute d’observations, d’idées et d’opinions.

À titre informatif, voici quelques références où l’on peut en apprendre davantage sur l’avènement et le développement des blogues : Wikipédia, Office québécois de la langue française. Je vous invite également à effectuer vos propres recherches. Vous constaterez que le phénomène des blogues est établi pour durer, que ce soit en matière d’information « officielle », d’influence, de propagande, de commercialisation, d’expression populaire ou de leadership d’opinion.

Les réseaux et les médias sociaux comme Facebook, Twitter et autres auraient pu tuer les blogues ou les réduire à leur plus simple expression; ils en ont plutôt favorisé l’éclosion et la maturation.