Cartes ou non pour les Fêtes…

Depuis deux ans, quand arrive le temps des Fêtes, je suis déchiré… Auparavant, j’expédiais des centaines de cartes avec un mot personnalisé et je prenais le temps de rédiger un contenu original. Puis, j’ai décidé de cesser parce que le retour n’est pas toujours là, que je considérais cela comme un abus de papeterie et que je crois pas vraiment aux vertus des cartes électroniques expédiées en masse. Je me suis dis que je pouvais faire les choses autrement; notamment, en saluant directement les clients et les amis que je rencontre, et en leur adressant mes meilleurs voeux en personne, de vive voix.

Et j’ai décidé de mettre l’argent et le temps investis pour concevoir et expédier mes cartes de Noël au profit de familles démunies de mon milieu. L’an dernier, j’ai traduit cela en un don à la Bouffe Pop qui en a bien besoin pour offrir de bons repas et une ambiance presque familiale à ses clients. Cette année, je ferai la même chose.

Mais, ce qui me déchire, c’est de recevoir des cartes de souhaits traditionnelles (papier) et virtuelles, auxquelles je ne répondrai pas, au risque de passer pour un insensible, une personne non reconnaissante de l’appui de mes clients et de mes amis. Encore une fois, le doute s’installe et je finis par ne plus savoir comment ni quoi répondre.

Je l’ai indiqué précédemment, j’ai longtemps écrit mes propres textes de cartes de souhait et j’ai transmis ces cartes par voie traditionnelle. L’effet était immédiat. Aujourd’hui, la mode est aux cartes virtuelles, toutes faites d’avance ou créées de toutes pièces, transposées en pdf ou en jpg, puis transmises par courriel en un seul et même envoi massif unique. Je ne verse plus dans l’une ou l’autre de ses démarches.

J’aime bien recevoir des cartes traditionnelles; elles ont un petit quelque chose d’original, de magique, de personnel, même si au fond le message imprimé est le même pour tout le monde. De lire les signatures à la main donne déjà une valeur particulière à l’intention. Les cartes virtuelles, je les reçois aussi avec plaisir, mais je me sens moins concerné quand je constate que la même a été transmise à 300, 500, 600 contacts tous membres d’une même base de données. La personnalisation en est absente; c’est un peu comme si on expédiait une lettre circulaire ou comme si on effectuait un « cold call ».

Cette année, j’ai reçu des cartes entièrement écrites à la main, remplies de mots doux et gentils. Je ne me risquerai certes pas à faire la même chose (écrire à la main), considérant que l’usage intensif du clavier m’a fait perdre une bonne part de mon habileté à écrire lisiblement. Ces cartes m’ont ému et touché au plus haut point, car elles reflétaient vraiment une intention de partage et d’échange, et qu’elles provenaient de personnes qui me connaissent au-delà du travail.

Mais je n’y répondrai pas non plus, pas par insensibilité, égoïsme ou manque de reconnaissance. Au contraire, ces cartes savamment tournées trônent dans mon salon, sur mes bibliothèques, sur mes étagères. Elles me rappellent que des gens pensent à moi, sont heureux des services rendus, sont reconnaissants du travail que j’ai réalisé, sont contents de faire partie de mes réseaux. Ces cartes m’inspirent, en retour, gratitude, goût du partage, détermination à en faire davantage, fierté d’une certaine considération, plaisir d’être quelqu’un pour quelqu’un, quelque part. En même temps qu’elles soulèvent des questions : Est-ce que mes clients et mes collaborateurs cesseront de travailler avec moi si je ne leur réponds pas? Est-ce que je me prive d’occasions de réseautage potentiellement lucratives en me faisant absent de l’opération cartes de Noël?

Malgré mes doutes, je persiste et signe; je ne répondrai pas aux cartes reçues, sinon de vive voix. Cette année encore, je remettrai à la Bouffe Pop la somme que j’aurais investie pour expédier mes cartes et adresser une réponse aux personnes qui m’ont transmis leurs souhaits.

Si j’additionne le nombre de mes clients et de mes contacts, cela devrait constituer un bon montant. Assez, pour rendre le temps des Fêtes plus heureux à ceux et celles qui peinent à manger un repas décent par jour.

Ne m’en veuillez pas si je ne vous retourne pas la pareille sous forme de cartes de Noël traditionnelles ou virtuelles. Cela ne veut pas dire que je ne vous considère pas, que votre clientèle m’est indifférente ou que votre appui ne m’est pas nécessaire. J’ai simplement fait un autre choix, répondant à mes valeurs d’entraide et de solidarité humaine.

On ne nourrit pas ceux qui ont faim avec une carte. Mais la valeur investie en timbres et en temps peut faire une grande différence pour plusieurs. Je vous remercie de comprendre mon intention et je vous souhaite de très heureuses Fêtes!

Et pour vous, que représentent les cartes de Noël? Est-ce que vous en expédiez à l’approche des Fêtes?

Commentaires Clos.